Spiritualité soufie

Conférences, ateliers, méditations Soufis à Avignon, Montpellier, Marseille et Nice

Annonce des ateliers sur le soufisme à Grenoble

Dimanche 11 décembre à 15 h

« Le chemin spirituel dans le soufisme »

Chemin d’amour et de connaissance, chemin intime, le soufisme offre la possibilité à chacun d’expérimenter au cours de sa quête l’intériorité de l’être.

Dimanche 4 mars à 15 h

« Le sama’ »

L’interprétation de chants à partir de poèmes écrits sous inspiration est une pratique fondatrice de la voie soufie. L’écoute de ces mélodies nostalgiques ou rythmées est source de paix pour l’âme.

 

Dimanche 20 mai à 15h

« Le combat spirituel : se libérer de son égo »

Le plus grand effort que le disciple soufi doit accomplir consiste à déjouer les pièges que lui tendent sans cesse ses tendances égotiques. Pour cela, il n’est pas seul et bénéficie des outils de la voie.

 

de 15 à 18 heures à l’Espace ACKORA, 5 rue Monge, 38320 EYBENS.

Renseignements au 06 82 69 87 66

Abd al Malik _ Château rouge _ 2010 _ nouvel album

Après la sortie de Le face à face des coeurs en 2004, Gibraltar en 2006 puis Dante en 2008, Abd Al Malik sort son nouvel album Château Rouge le 8 novembre 2010.

Abd Al Malik s’est fait connaitre auprès du grand public en 2006 avec Gibraltar, un album mêlant slam, jazz, rap et chanson, qui à ce jour est disque de platine et a remporté deux victoires de la musique. Sorti en 2008, son troisième album, Dante, est également disque de platine et a de même remporté une victoire de la musique.

Pour son dernier album Abd Al Malik a décidé de se réinventer en mêlant pop, musique africaine et électro-rock. Ce quatrième album solo intitulé Château rouge, a été produit par Chilly Gonzales, artiste et producteur notamment de Philippe Katerine, Christophe Willem, Jane Birkin et Arielle Dombasle. Le premier single de l’album est le titre « Ma Jolie ».

http://www.deezer.com/music/abd-al-

malik/chateau-rouge-680714?provider=website

Faouzi Skali : «Lier écologie et spiritualité peut devenir une réflexion féconde»

Entretien avec Faouzi Skali, président du Festival de Fès de la culture soufie : «Lier écologie et spiritualité peut devenir une réflexion féconde»

Publié le : 19.04.2010 | 15h28 dans le matin

Le Festival de Fès de la culture soufie a inauguré, samedi 17 avril, à Fès sa 4e édition sous les thèmes «Mystique et poésie» ou «Pour une poétique de civilisation».

Le Matin : Le soufisme, qui est au cœur de votre événement, méritait selon certains critiques d’être défini en tant que concept lors du festival qui lui est dédié. Chose que vous avez programmé pour l’ouverture. Etait-il facile de faire le tour de cette doctrine en un après-midi ?

Faouzi Skali : Non, c’était même véritablement une gageure. Mais il fallait répondre à une demande légitime de nombreux participants, musulmans et non musulmans, qui souhaitent mieux comprendrel’histoire et la signification du terme « soufisme ». Cette demande peut se situer à différents degrés. Certains ont lu les poésies de Rumi, ou même de Omar Khayyam, d’autres expriment un intérêt intellectuel ou historique, d’autres enfin sont mus par une soif spirituelle. La difficulté de l’exercice consiste à essayer de répondre à des attentes différentes tout en tenant compte aussi du fait qu’il s’agit d’une séance inaugurale, avec la présence de nombreuses personnalités. Mais il était en même temps intéressant de dépasser le contexte de discours trop convenus, pour introduire dès le départ certaines questions essentielles dans le cadre de ce festival. Il s’agissait de brosser certes une histoire du soufisme mais de montrer aussi comment cette spiritualité peut aujourd’hui refonder, ou régénérer, une pensée contemporaine qui peut nous aider à repenser le monde différemment, et à envisager certaines solutions dans une perspective très proche de ce que Edgar Morin appelle « une politique de civilisation ».

Pourquoi avoir choisi des intervenants spécialisés dans différents domaines ?

Cette articulation entre spiritualité et société, indiquée dans le cadre de ce forum par l’intitulé: « Une âme pour la mondialisation », ne doit pas simplement rester un concept abstrait mais déboucher sur une réflexion tangible à même d’initier, au sein de la société, de véritables changements et transformations. C’est d’ailleurs le propre du soufisme que de développer une science pratique, une science dite »utile » à même d’initier, dans le sens d’un plus grand épanouissement, individuel et collectif, ces changements. Le but du festival et du forum est de créer à travers le temps un réseau de personnes aux champs d’action différents et complémentaires qui peuvent développer, au-delà de la ponctualité de cette manifestation, cette association entre réflexion et action.

Quel serait, aujourd’hui, le rôle des personnes emblématiques du soufisme, qu’on appelle les «Figures du Shaykh vivant» ?

Il ne faut pas perdre de vue qu’il y a une différence entre culture soufie et spiritualité soufie proprement dite. Cette dernière relève d’un enseignement et d’une pratique personnels qui ne peuvent être dispensés que par une personne qui en a véritablement la qualification. On peut avoir une connaissance encyclopédique du soufisme sans en aucune façon avoir cette dernière. Un « Shaykh vivant », à la différence d’un savoir livresque, est celui qui peut progressivement accompagner un disciple sur ce chemin de transformation intérieure. Mais cette transformation devient elle-même porteuse d’une culture qui en possède les traces et les valeurs.

Pensez-vous que le patrimoine culturel soufi est sauvegardé comme il faut?

Je pense qu’il y a un énorme travail à réaliser dans ce sens pour sauvegarder et, mieux, régénérer les lieux, les ouvrages, le patrimoine immatériel qui sont d’une immense richesse, en particulier dans notre pays. Il y a, à l’origine même de la création de ces festivals et forums, l’idée de créer à terme un institut de sauvegarde et de promotion du patrimoine du soufisme auquel peuvent être associés plusieurs chercheurs universitaires. Cette année une collaboration fructueuse dans ce sens a été initiée avec l’université de Fès.

Comment la spiritualité et le soufisme peuvent-ils devenir acteurs du développement humain ?

L’erreur a été ces dernières décennies de croire que le développement relève d’une approche purement matérielle et à confondre taux de croissance et développement. On s’est finalement rendu compte, devant les dégâts accumulés, que le facteur principal du développement est l’humain. Et l’on fera un pas supplémentaire en prenant en compte que le véritable développement doit être lié à ce qu’il y a de plus profond dans notre humanité; sa dimension spirituelle. Cette notion avait été centrale dans le développement de la civilisation de l’Islam à travers la « futuwwa » des corporations de métiers par laquelle valeurs spirituelles et travail sont profondément liés.

En partant du principe que l’Islam est un projet civilisationnel et pourquoi pas citoyen, vous avez choisi de consacrer des conférences à la thématique de l’environnement. Quel(s) message(s) voulez-vous transmettre ?

Qu’il n’est pas possible de transformer notre comportement vis-à-vis de la nature si on ne transforme pas notre rapport à nous-mêmes et au monde. Autrement nous allons seulement nous maintenir dans la schizophrénie actuelle qui consiste à accumuler un monceau d’informations sur la nocivité de nos modes de vie et à être incapables pour autant de procéder à leurs changements. La multiplication des sommets sur l’environnement qui n’aboutissent nulle part en est une illustration. Là encore lier écologie et spiritualité peut devenir une réflexion féconde.

Une âme pour la mondialisation

Ce festival auquel participent un grand nombre de conférenciers, artistes et visiteurs, du Maroc et de différents pays du monde, accueille en son sein, depuis sa création, un Forum international intitulé : « Une âme pour la mondialisation ». Le but de ces Festival et Forum est de faire connaître les différentes expressions des cultures soufies à travers le monde, dans leurs expressions artistiques et spirituelles, et la façon dont celles-ci peuvent féconder un champ de réflexion contemporain , dans le monde musulman et au-delà. Au cours de l’histoire le Soufisme a été la matrice d’une production intellectuelle, artistique, littéraire, poétique et sociale d’une grande richesse qui a progressivement donné à la civilisation de l’Islam son génie et sa coloration particulière. Il lui a donné aussi cette capacité de s’adapter aux temps et aux lieux, tout en maintenant, entre ses expressions multiples un fil conducteur et une unité essentielle. Au-delà de constituer un patrimoine culturel d’une extraordinaire richesse , populaire et savant, le soufisme est avant tout une voie de transformation spirituelle qui ne peut donc que s’inscrire dans le présent, une contemporanéité, à la fois individuelle et collective. Une sentence soufie bien connue dit que «le soufi est le fils de son temps».